LE PONT DE VIRE / LE PONT DE PUY L’EVEQUE
. LE PONT DE VIRE
Toutes les informations de cet article viennent des Archives Départementales du Lot, Section 65 S 28.
Le Conseil Général a lancé un avant-projet du pont en août 1884. C’est seulement en 1895 que le sujet revient en discussion à travers 2 votes :
- ajournement de la construction : 11 oui, 12 non ;
- ou construction immédiate : 14 pour, 4 contre.
Une première estimation des travaux s’élevait à 231000 F, Duravel et Vire ayant accepté de payer chacune une part contributive de 40000 F. Devant des réticences du Conseil Général, l’ingénieur en chef a proposé une économie de 30000 F en réduisant la largeur du pont à une voie charretière, et voilà pourquoi notre pont est si étroit ! Signalons qu’à la même époque le pont de St Cirq La Popie coûtait 238000 F. Le financement global était complété par des subventions et un emprunt de 68700 F. L’acquisition des terrains pour les levées et culées se passait à l’amiable sauf avec 2 propriétaires (rive droite) contre lesquels il était décidé de recourir à l’expropriation vu leurs « prétentions exorbitantes ».
L’adjudication des travaux a eu lieu le 9/5/1896, à l’entreprise Reyssac.
Les dossiers renferment beaucoup de plans et de détails ainsi sont représentées des coupes transversales, longitudinales des piles, les voûtes ; les dessins des batardeaux par l’agent voyer cantonal ; les graphiques des hauteurs d’eau selon les mois. On précise la pression à la base des piles : 5 kg/cm², les pressions exercées sur diverses pièces en haut des piles.
Autres descriptions : la construction de caissons doubles pour la fondation des piles, l’élévation de demi-cintres en bois pour les arches, la pose de garguilles en fonte (écoulement des eaux, le remplissage des voûtes avec du béton…
Il fallait de grands pieux de 7 à 8 m, de nombreux poteaux de 3 à 4 m pour les batardeaux, les étayages etc…
Pour le chemin n° 8, de Floressas à Villefranche, on peut lire des études de « mouvements de terrain », de remblais, un état estimatif de parcelles de terrain à acquérir rive droite (Rigal). Le charpentier Dufresne, de Vire, offre d’exécuter le batardeau de la 3ème pile pour 900 F en mai 1898.
Pendant la durée de la construction, la crue de février 97 a entraîné des « pertes et des avaries » notoires.
Enfin, une expertise du pont a été effectuée par l’entreprise Reyssac, le 13/01/1902, concernant les terrassements, les culées, la maçonnerie en pierre de taille, les voûtes et les tympans, les carrières, le sable extrait en dehors des « limites prévues » et surtout « le retard pris par le seul fait de l’administration ». Cette pique nous ramène dans notre époque contemporaine…
Claude BERTHOLIN
. LE PONT DE PUY L’EVEQUE :
Le projet de construction d’un pont suspendu en remplacement du bac de Puy L’Evêque et son cahier des charges remonte au 8/5/1838 : « il sera pourvu aux frais et à l’entretien de ce pont au moyen d’un péage.
Tarifs : personne à pied 05 centimes ; cheval ou mulet chargé 10 c ; âne ou ânesse 5 c ; cheval ou mulet et son cavalier 10 c ; voitures suspendues 1.30 F ; charrettes de roulage à 4 roues 1.50 F. »
L’adjudication des travaux du pont suspendu sur le Lot découle d’une ordonnance du roi Louis-Philippe, roi des Français.
La réception des travaux a eu lieu le 29/3/1840. Ce pont a été démoli vers 1990. Sans doute que le pont de Vire tiendra beaucoup plus longtemps.
Claude BERTHOLIN
Vire-sur-Lot. Une association qui turbine
Le nouveau président Jacques Chavanon, remplaçant de Roland Agrech, définit l'association des Moulins du Quercy qui vient de tenir son assemblée générale dans la salle des fêtes de Vire en présence de la députée Dominique Orliac et du conseiller général Serge Bladinières. La centaine de participants (presque tous propriétaires de moulins) fut accueillie le dimanche 3 avril par le maire Denis Fabro.
Une exposition sur les moulins décorait les murs de la salle. Le trésorier André Chambon a présenté un bilan financier positif (subvention du Tarn et Garonne 1 900 €, du Lot 1 700 €).
43 moulins ont été ouverts
Le président annonça le recrutement comme secrétaire salariée de cécile Dubois tandis que Mme Crépeau, Mrs Estive et Rouault faisaient leur entrée au conseil d'administration.
Le problème de la destruction des chaussées des moulins, coupables de freiner le dépôt des sédiments et le passage des poissons, a été abordé ; Mme Katia Gillot rappela que, sur le plan national, l'an dernier 170 000 personnes ont visité les moulins, considérés comme le 3è patrimoine de France après les châteaux et les églises.
Ainsi 43 moulins ont été ouverts au public sur le territoire de l'asso, dont 25 dans le Lot. La 14e édition de la journée des moulins aura lieu le dimanche 19 juin avec comme thème « le patrimoine caché » (salles en sous-sol et secrets de fabrication). L'association participera aussi à la fête de la science de Souillac qui a pour thème le « vent apprivoisé ».
MOULIN DE LA CROZE
Le moulin de Lacroze est très ancien. Son existence a été évoquée par Jean Lartigaut dans son livre : « Puy L’Evêque au Moyen-Age » dont voici un extrait :
« ….Repayrium ne s’est pas révélé un terme aussi exact que je l’espérais pour désigner sans contestation les maisons fortes. J’en ai relevé toutes les attestations en distinguant les repaires qui, au fil des siècles, avaient conservé leur qualité de maison noble. Parmi ces repaires, La Croze, le Meure et Meymes dans la châtellenie et, au voisinage Grimart, juridiction de Pestilhac, et encore La Gibertie, châtellenie de Bélaye, eurent le privilège de s’adjoindre un moulin, une pêcherie et parfois même un port. Ainsi, avant la fin du XIIIème siècle, des milites castri avaient bénéficié d’avantages économiques appréciables et même vraisemblablement d’une part des banalités qui auraient dû revenir au seigneur… »
Le moulin appartenait donc aux seigneurs de La Croze (et à partir de 1550 à la famille Jeauffreau de Lacroze) installés dans le repaire situé sur la berge surplombant la rivière, repaire qui a subi au fil du temps des transformations et est devenu au XVIIIème siècle la belle demeure que l’on connaît avec sa longue allée de mûriers.
Associée au moulin, avait été construite, un peu en amont sur le Lot, la digue en pierres perdues que l’on peut voir encore de nos jours en période de basses eaux. Cette digue qui offrait un passage (le passelis) pour la navigation des bateaux, créait une retenue et un débit de chute utiles au fonctionnement du moulin. Le passelis étant dangereux, les maîtres bateaux demandèrent en 1742, à l’Intendant du Quercy, que fut construite une écluse. C’est en 1786 que cet ouvrage fut réalisé.
En 1799 l’Ingénieur des Ponts et Chaussées écrivait dans un rapport de visite des écluses et chaussées :
« Nous avons reconnu que l’écluse de Lacroze …….nouvellement construite était déjà extrêmement dégradée, que la galerie n’existait plus, mais qu’elle allait être incessamment mise en état. Nous avons reconnu qu’elle avait deux mètres quarante six de chute, nous avons trouvé que la digue avait environ quatre-vingt dix -sept mètres de longueur et qu’elle était construite en pierre de taille et se dégradait journellement et que l’enrochement fait au-dessus avait beaucoup souffert…….Nous avons visité ensuite le moulin adossé à l’écluse et en présence du citoyen Jeauffreau propriétaire, nous avons reconnu qu’il était composé de trois meules à cuve en pierre dont les vannes ont un mètre quatorze centimètres de largeur avec déversoir de rive de un mètre quarante six… » .
En 1863, le moulin à eau de La Croze, « bien tournant et travaillant faisant de blé farine, garni de trois paires de meules, de tous les agrées et ustensiles nécessaires qui en dépendent et qui sont un bâtiment d’habitation pour le logement du meunier et d’une pièce de terre attenant d’une contenance de soixante-quinze ares … » fut vendu par Dieudonné Jeauffreau à sa sœur Adeline Jeauffreau Parant. Plusieurs meuniers se succédèrent : Jean Delord, Jean Labroue de Girard, Pierre Cubertou de Mauroux, et ceci jusqu’en 1904.
Puis, Albert Parant petit- fils d’Adeline Jeauffreau transforma le moulin en usine hydroélectrique et c’est à cette époque que l’entrée datant du XVIème siècle fut amputée de son linteau, que les meules furent extraites et déposées au pied du mur façade sud, que le mur situé le long du canal de fuite fut construit et la grande arche du bâtiment, côté ouest fut murée…..Entre 1915 et 1920 l’usine fut vendue à la « Société des Carboniques Liquides réunies » pour la production d’électricité. Ensuite la Compagnie du Bourbonnais et enfin EDF devinrent propriétaires du bâtiment. EDF n’a jamais produit d’électricité à La Croze et peu à peu le moulin est tombé dans l’oubli, ses alentours envahis par les alluvions et la végétation… jusqu’à la naissance du projet de remise en navigabilité du Lot. La réhabilitation des ouvrages, (écluse et digue), la qualité de leur restauration, la beauté du site nous ont amenés à envisager de sauver le moulin. Un projet de mise en valeur de ce site avec la restauration du bâtiment va être étudié.
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L’Association des Moulins du Quercy Lot et Tarn et Garonne vient de faire paraître son journal dans lequel le moulin de La Croze est à l’honneur. Ce journal peut être consulté à la Mairie de Vire.
Monsieur Chavanon président de l’Association des Moulins souhaite organiser (début avril) l’Assemblée Générale de son association, dans notre salle des fêtes de Vire. Le programme pourrait être le suivant :
vendredi : organisation pour les écoliers du RPI d’une exposition et d’ateliers pédagogiques sur le thème des moulins.
Samedi : Exposition pour la population viroise
Dimanche : Assemblée Générale à partir de 10H




